lundi 25 juillet 2011

Halls of Anger

Prenant le contre-pied des films progressistes qui commencent à sortir sur la communauté afro-américaine, Colère noire préfère se concentrer sur les dangers de la déségrégation...


HALLS OF ANGER - Paul Bogart (1970)



Des élèves blancs sont transférés dans un lycée où la majorité des élèves sont des Afro-Américains. Malgré la médiation du professeur Quincy Davis (Calvin Lockhart), les troubles ne manquent pas d'alimenter le quotidien du lycée. Les jeunes afro-américains n'hésitent pas à harceler leurs petits camarades blancs...

Réactionnaire ! Voilà le terme le plus approprié pour qualifier d'un mot ce film. Bien sûr que le racisme est une chose assez partagée par toutes les communautés, mais présenter dans les années 70 de jeunes afro-américains qui harcèlent des Blancs dans un lycée ne peut même pas être mis sur le compte de l'ignorance relève de la contre-vérité la plus dégueulasse. Le bon vieux coups du racisme anti-blanc qui justifie à posteriori la ségrégation en quelque sorte. D'abord "bon enfant" le harcèlement dont sont victimes les Blancs devient insoutenable, tellement qu'il est improbable : on commence avec un scène à la cantine -pathétique et risible- où le danger qui guette l'Amérique éternelle est représenté par des jeunes noirs qui font du tam-tam et agitent des couverts autour de jeunes blancs apeurés ; mais tout cela se conclue par l'agression d'une petite blondinette innocente par ses ennemies noires qui lui arrachent ses vêtements et la battent. Cette scène devient le point d'orgue d'un mauvais film bis qui utilise les ficelles les plus éculées des préjugés racistes, et en dernier lieu celui de la violence sexuelle.

La réalisation est des plus ordinaire. Bogart se limite à quelques travelling sur la classe et des matchs de basket bien mal filmés. Rien ne relève donc le niveau de ce Halls of Anger, si ce n'est la présence de Calvin Lockhart -déjà un acteur reconnu (aperçu par exemple dans Dark of the Sun)- qui entre bien entendu parfaitement dans son rôle d'enseignant. Ce sont les premiers pas d'un acteur blanc débutant : Jeff Bridges.

En vrac, on trouve ensuite Janet MacLachlan (Up Tight !, tick... tick... tick... et Sounder, mais surtout une floppée d'apparitions télévisées, dont The Sophisticated Gents et The Tuskegee Airmen), James A. Watson Jr. un grand acteur dramatique -aujourd'hui professeur- malheureusement cantonné à des rôles subalternes à la télé (quant au grand écran, il participe dans les années 70s à The Organization et Lady Cocoa, ainsi qu'aux avantures télévisées de Shaft : Cop Killer), Christopher Joy qui tournera peu (mais parmis les plus gros succès de la période : Hitman, Cleopatra Jones, Sheba Baby et Darktown Strutters), Dewayne Jessie (connu aussi sous le nom d'Otis Day) qui débute sa carrière, Mwako Cumbuka (Coffy, Hit!, Together Brothers et pour un de ses plus grands rôles Vol au-dessus d'un nid de coucou), Cal Wilson (The Great White Hope, The Final Comedown, Five on the Black Hand Side et Disco 9000), Paris Earl (Speeding Up Time, Skin Game, Blacula et Blackjack), Alex Clarke (un des héros de The Learning Tree) et Davis Roberts (Detroit 9000, Willie Dynamite, To Sleep with Anger).
Henry Kingi et Peaches Jones, tour à tour acteurs et cascadeurs, participent à leur premier film, lui comme acteur et elle comme cascadeuse (contrairement à Kingi qui officie pendant trente ans, Peaches Jones a une courte carrière bien chargée : Buck and the Preacher, Melinda, Coffy, Foxy Brown, Black Samson, The Human Tornado). Quant à Eddie Smith, le fondateur de la Black Stuntmen's Association, il supervise les cascades.

Aucun commentaire: